Mamacallas

PERFORMANCES

Retourf

Son corps léger

Une rencontre de catastrophes et de jeux, d'une enfant et d'un adulte, d'une enfant-Ariane et d'un homme-taureau

Première 25 avril 2003, théâtre Alfred ve dvoøe, Prague

 

conception et chorégraphie Pierre Nadaud
création et interprétation Pierre Nadaud et Magdaléna Dvorská (Cz)
bande son Jan Burian (Cz)
lumières Jan Komárek (Cz/Ca)

coproduction MOTUS o.s., Prague et Théâtre 29 de Pardubice, République Tchèque

supporté par
la Fondation Tchèque pour la Littérature et l'Académie de Danse et de Musique de Prague

 

Fiche technique

Note d’intention:
 

Dans ce face à face avec l'enfant il n'est pas question de fragilité mais de force et de tendresse. Ce qui est fascinant dans l'enfance c'est sa force sans pouvoir, sa puissance sans faiblesse. Ce qui est harassant chez l'adulte c'est sa détermination, sa culpabilité et sa faiblesse.

 

A tout prendre le spectacle « Son corps léger » est en prise avec l’entrée dans la danse, avec la naissance d’un état de danse. Je ne veux pas croire dans ce spectacle qu’on se mette à danser parce qu’on sait le faire, je crois plutôt que l’on danse à la suite d’un heurt violent, quand on n‘a plus les mots, quand on est face à une catastrophe qui nous dépasse, ou face à une présence qui nous nie : le désert plein et matériel. On danse comme on nage, quand on a plus pieds. Je crois qu’on entre en danse, par exemple, quand ça cloche, quand quelque chose se coince (« boiter » ou « le Clown »), mais aussi quand notre corps, ce gentil serviteur, accouche d’une bête multiforme (« le faune malade »), ou encore quand l’objet acquière une présence obsédante qu’il nous faut dompter (« dressage de l’objet » ou « la corrida »).

« Boiter » ou « le clown »
Je crois bien que le paralytique relevé par le Christ s’est levé mais je ne crois pas qu’il ait marché. Il a plutôt commencé une gesticulation terrible dont on n’a pas parlé. C’est pourtant là qu’était le miracle : autoriser un déplacement aberrent, sanctifier une locomotion catastrophique. Et dans la rue de tous les jours souvent surgissent ces corps miraculés, avançant coûte que coûte dans les blocages et les chutes. On acquière un corps quand on nous le coince à l’hôpital, quand il faut s’en sortir, quand nos jolis costumes ne suffisent plus à nous faire tenir debout.

« Le faune malade »
J’imagine que le pire n’est pas de mourir mais d’assister à la fin du monde ou de son monde. J’imagine un trou dans la terre qui nous laisse sans mots. Alors l’animal se réveille, affolé, en guerre contre la terre. Surgissement d’un corps humain qui n’est plus ce mixte d’ange et de bête mais un animal intelligent…en fait, une bête folle. Animal fait des fouets, de griffes, de petits dards, de crachement…et sur tout ça flotte une conscience en déroute. Plutôt que de devenir un joli animal propret, plutôt se laisser traverser par toute les machines folles que la vie a produite pour perdurer.

« Le dressage de l’objet » ou « la corrida »

Je ne peux pas me faire à l’idée que les plastiques et les verres que produit l’industrie humaine, ces objets utiles et c’est tout, dureront plus longtemps que ma vie, que nos vies, que la vies de ceux qui viendront. Voilà un verre de thé, une soucoupe et une cuillère, ensemble anodin qui affirme une persistance démesurée. Il faut que je lui montre que ma présence est davantage, et sur le champ, puisque aussi bien elle n’est davantage que « sur le champ », immédiatement, maintenant, tout de suite.
Pierre Nadaud

 

 

Présentation

Dans un monde déserté, deux personnes, une enfant et un adulte, sont livrées 
à leur seule relation. 
Un autre monde, un monde à venir, se déploie à partir de leur rencontre.
Entre l'enfant et l'adulte, entre les jeux et les catastrophes, entre l'enfant Ariane 
et l'homme taureau, la petite fille et l'homme échangent des peurs, des fragilités et des forces.

Une rencontre "sans horizon"...
" -Et tel serait le rapport de l'homme à l'homme, quand il n'y a plus entre eux la position d'un Dieu, ni la médiation d'un monde, ni la consistance d'une nature. - Ce qu'il y aurait entre l'homme et l'homme, s'il n'y avait rien que l'intervalle représenté par le mot " entre ", vide d'autant plus vide qu'il ne se confond pas avec le pur néant, ce serait une séparation infinie, mais se donnant comme rapport dans cette exigence qu'est la parole. " 
Maurice Blanchot, L'entretien infini, L'homme sans horizon.

 

 

 

Presse

daemonmagazin, Italie, été 2004

Pierre Nadaud et Mamacallas de Prague au festival « Vie dans le Parc »

Un lieu quelconque, un lieu de passage. Des fauteuils dans une salle d'attente inventée dans une ville imaginaire. Deux personnages, un couple qui ne se connaît pas. Lui tente une approche maladroite, elle ne se laisse pas prendre. On dirait un théâtre non verbal mais presque aussitôt on découvre qu'il s'agit en réalité d'une danse muette, la danse d'un homme, des mouvements amples de son corps plastique qui avance pour reculer, il se découvre puis se rétracte. Elle semble perdue dans un rêve, elle-même est un rêve,
des pas légers (doux) de son corps léger. Malgré l'inévitable commence une communication faite de physicalite qui se reflète et s'imite, se court après et pour en de brefs instants se rejoint et se rencontrer. Si lui invente de tout pour elle sur les notes d'un tango séduisant de Carlos Gardel, elle, petite, gouverne son corps à lui par ses caprices et à coups d'écriture de son poing d'enfant jusqu'à presque le tuer de douleur. Comment peut-il réagir ? Il peut tenter de détourner son regard, de se concentrer ? s'immerger dans une tasse de thé (pour que) sa consistance devienne le centre de ses pensées, de se sens, d'oublier ? Il peut revenir pour la ennième fois et demander : « as-tu vu le film Le dernier tango à Paris ? ». La fille (l'enfant) semble désormais avoir grandi, malgré son petit visage de nymphette. Elle lève son regard et lui répond.

Cette première nationale du  spectacle « Son corps léger » de Pierre Nadaud et de la troupe Mamacallas de Praque a ouvert , le 1er juillet 2004 la  « Vie dans le parc », les portes de la sixième édition du festival international de la danse et théâtre nouveaux, soutenu par Teatri di Vita (Théâtres de vie) dans le cadre de Viva Bologna, en collaboration avec le quartier de Borgo Panigale. Le danseur et chorégraphe français Pierre Nadaud, diplômé en philosophie et avec une formation en théâtre et danse non
verbale, accompagné de la jeune Aurora Ciuffatelli, raconte la fable d'une rencontre, d'une lutte entre l'amour et le refus , de l'élan du corps pesant vers un corps léger, de l'attraction d'une âme légère vers une âme pesante. Dans ce spectacle se mélangent les certitudes, se confrontent (se mettent en discussion) les stéréotypes et relations de force apparente et physique et de pouvoir intérieur et réel. On découvre que la délicatesse n'est plus synonyme de vulnérabilité, et l'énergie n'est pas celui de puissance.

Irene Guzman

 

Festival "Unidram", Potsdam Allemagne, www.unidram.de itslightbody_unidram_04.jpg

Seulement en version allemande

 

 

 

Hauth
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

Mamacallas

modified 09.12.2007

PhotoJiøí Lukeš

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