Mamacallas

 

 

 

PERFORMANCES

Retourf

fields

Quatre solos dans un concert

 

 

création 8-9 avril 2005, Théâtre NoD/Roxy, Prague
création et danseurs Andrea Miltnerová (Cz/Uk), Veronika Šimková (Cz), Zdenka Svíteková (Sk), Pierre Nadaud (Fr)
light design Jan Beneš-McGadie (Cz)

musique composée par Florian Tilzer (A)

musique en concert CHOROVOD: Florian Tilzer et Christoph Pajer (A)

arrangements musicaux Pierre Nadaud, Jan Burian et Forian Tilzer

conception Pierre Nadaud (Fr)

coproduit par NoD/Roxy

production Mamacallas, Prague, Czech Republic

supporté par Le Ministère Tchèque de la Culture, l'Institut Français de Prague, Linhartova Nadace

 

Fiche technique

Note d'intention

« fields » ? Parce qu'il s'agit de faire une pièce sans hiérarchie de la même façon qu'il n’y a pas de hiérarchie entre les instruments d’un groupe de jazz. Dans Bakarabia il y a encore une hiérarchie (hiérarchie « narrative » et hiérarchie des performers -les danseurs et le personnage, les femmes et les hommes). Fields est consacré aux différences pures sans haut et bas, pures différences de couleurs, de rythme ou d’intensité. C’est le peuple de la rue, le peuple de passage. Fields c’est l’espace pour un peuple de musiciens.
 

Les interprètes ont la même présence que les musiciens de jazz. Ils sont hyper singuliers et hyper ensemble, ils sont simplement présents ici avec nous public comme des amis avec des amis (apparaître et disparaître de scène ne change rien pour eux), leur corps est comme un instrument avec lequel ils doivent être déférents et attentifs (ils ne s’identifient pas à leur corps mais s’en servent), mais ils ne sont pas de froids exécutants, ils se laisse emmener par l’interprétation… ils chantent presque en jouant.

Dans fields on élabore ensemble des structures de jeu, des structures mobiles qui font ressortir les singularités de chacun. C’est un mélange de pure virtuosité personnelle (travail sur les qualités de danse) et de grande rigueur dans l’écriture chorégraphique (élaborations de structures mobiles). Mélange d’une écriture de la danse du corps singulier et d’une composition du mouvement dans l’espace.

Avec les solos de fields il est toujours question de réaliser des films dans la rue : il s’agira d’insérer les danses dans des foules, de l’inaperçu au manifeste et inversement, du champ au hors champ et inversement. Les insérer aussi dans ces lieux urbains qui interdisent toute persistance.

Dans fields nous poursuivons aussi cette quête d’une danse qui s’auto-compose sur scène au moyen de règles génératrices. Un programme qui compose avec l’événementiel, avec ce qui advient. (C’est ce que nous avions touché du doigt lors d’un travail sur les marches: les danseurs ont pour tâche d’agglomérer les menues déformations de leurs marches jusqu’à un maximum où la marche alors se perd pour s’établir en une chorégraphie, une danse. On peut à partir de là glisser vers un autre champs de composition.). Dans fields les règles génératrices sont très simples et très riches à la fois: la reprise. C'est important de dire la reprise et non la répétition. La répétition est un procéder mécanique dont on planifie les variations. La reprise engage la mémoire sensible de l'interprète et la variation est impliquée dans le mouvement et se déploie suite à des micro-choix de l'interprète : "dans ce mouvement j'ai senti telle dimension, accent, émotion etc... et je vais aller la rechercher ou la suivre, l'approfondir ou la chasser etc... dans le mouvement suivant".

L’écriture chorégraphique qui se développe peu à peu repose sur la sensation comme événement réel du corps (sentir maintenant), elle incorpore des impulsions non uniquement physiques (décisions soudaines, changements inattendus de parcours dans le corps, auto suggestion mentale – non psychologique mais basée sur la sensation), elle est en recherche de l’exogène c’est-à-dire de mouvements qui sont inspirés par des principes et des sollicitations d’ordre étranger ou au moins rompant avec l'expression (voir à ce propos le travail initié sur la « vibration »).

Ce travail est une sorte de danse-théâtre qui est moins un mélange de danse et d’expressivité qu’une interrogation sur le sens du mouvement dansé : analyse et composition de comportements kinésiques, insertion du corps dans un paysage et un milieu de sensations concrètes, articulation du geste et du mouvement. Travail avec ce que le mouvement a de profondément humain (ou inhumain). Expressionnisme abstrait plutôt qu’expressionnisme.

P.N., 18 décembre 2004
 

 

Présentation

Quatre solos de danse qui explorent le temps par le biais de la mémoire. Mots appris par cœur, gestes commémoratifs, rappel d’un instant juste passé, nappes de souvenirs, chaque mémoire a son rythme et son espace, son champ.

 

Pour élaborer ces quatre pièces de danse nous nous sommes concentré sur la musicalité du mouvement. Il s’agissait de saisir la structure formelle minimum du mouvement plus que son phrasé ou sa mesure temporelle qui viennent après. Ce qui commence de l’intérieur du mouvement à pulser et à chanter et même plus loin encore, à l’intérieur du corps. Aussi nous avons travaillé sur la reprise. Et immédiatement nous nous sommes rendu compte qu’en faisant travailler la répétition dans son mouvement, la danseuse ou le danseur informe très directement de la relation qu’entretient son esprit avec son corps ou avec les événements de son corps. En travaillant sur la répétition nous avions donc deux thèmes de travail entremêlés : la musicalité inhérente au mouvement et le rapport de l’esprit à son corps.

 

Et pour continuer dans cette logique musicale, nous avons envisagé le corps et les mouvements de chaque danseuse et danseur un peu comme un compositeur explore un instrument de musique afin de composer une partita ou une sonate ; comme si ce corps était « un instrument de danse » dont il s’agit de saisir les rythmes, espaces, orientations et respirations naturelles, en bref le champ des potentialités qui lui est propre. Et c’est avec ce champ et dans ce champ que chaque solo a été composé.

 

 

Andrea Miltnerová (Cz/Uk)  danse
danseur originaire d'Angleterre qui est venue à Prague sur l'invitation de la compagnie du Théâtre National. Sur la scène indépendante elle a travaillé avec Jan kodet, Monika Rebcová, Sergem Ambert… Elle se consacre de façon intensive à l'étude et l'interprétation de la danse baroque. Elle a coopéré par exemple avec le Collegium Marianum, Marc Leclerc, Jean-Marc Piquemal et atrice Massin.

Veronika Šimková (Cz) danse
Elle a étudiée la danse à HAMU, Académie de Arts de Prague et un an à SEAD - salzburg experimental academy of dance. A Prague elle a collaboré avec Lizzy Lequesne, Mirka Eliášová, Paco Décina et Zuzana Kozánková... Elle enseigne au Conservatoire de danse.


Chorovod (A/Cz) musique live
Chorovod est un groupe de Brno (Cz) fondé en 2003. Il est possible de définir son style comme „post-minimalistic bigbeat“.

Jan Burian (Cz) arrangements musicaux

Il est auteur de musiques de films (Václav Švankmajer, Pavel Koutecký) et de spectacles ayant travaillé avec des artistes tels que Rinde Eckert, le groupe Dogtroep, Petr Nikl, Min Tanaka, Sumako Koseki et Paco Décina. Il enseigne actuellement le séminaire Musique et son au théâtreau Conservatoire de danse Duncan Center.

 

Florian Tilzer (A) piano préparé et compositeur du groupe Chorovod
Médiateur culturel et enseignant, il se consacre à la danse et la musique. Né au Tyrol, depuis 1997 il vit et travaille en République Tchèque. Il est membre de l'association brnoise de danse filigrán, et organisateur de spectacles et de festivals à Brno (Festival de danse contemporaine "Natøikrát"). Il est le coordinateur pour la République Tchèque du projet ACCC – austrian czech cultural cooperation.

Christoph Pajer (A) violon, Chorovod
Né en Autriche à Hainburg/Donau, il vit et travaille en alternance à Prague et à Viennes. Il est musicien (violon, guitare, chant et sample) et compositeur. Il est cofondateur de la compagnie Metamorphosis, Boo et Ground/lift. Il s'est produit en Russie, Amérique et dans presque toute l'Europe. Il a joué avec Martin Siewert, Pavel Fajt, Iva Bittová, Martin Alaèam, Marcus Godwyn, Jonathan Lamaster, Beth Custer, Onno Ennoson, Hearn Gadbois...

 

Zdenka Svíteková (SK) danse

Danseuse et professeur. Elle est diplômée de l’Académie d’art dramatique et de musique de Bratislava. En 2004 elle a reçu une bourse de séjour au Centre Nationale de Danse et à la Cité Internationale des Arts de Paris, et en 2005 le danceWeb scholarship dans le cadre du festival international ImpulsTanz de Vienne. Elle a collaboré avec la compagnie de danse Dance studio de Banska Bystrica et des artistes tels que P. Decina (Fr/I), K. Simson (UK), S. Ambert (Fr)… Dans le cadre de sloway.no elle collabore avec le photographe norvégien G. M. Brungot. Elle écrit pour le magazine de danse Salto et pour Vlna, magazine consacré à l’art.

Jan Beneš-McGadie (Cz) light design

Diplômé du conservatoire Duncan centre de Prague et du Centre Laban à Londres. En tant que danseur et technicien il a collaboré durant plusieurs années avec la compagnie internationale de danse DEJA DONNE dirigée par Lenka Flory et Simone Sandroni. Il a créé différentes pièces parmi lesquelles « Inappropriate for living», «Dr.Schreck Klinik – Das Blutig Kabinet ».... En tant que light designer il a créé les lumières de nombreuses performances et dirige des workshops consacrés aux éclairages de théâtre.

 

Pierre Nadaud (FR) danse et chorégraphie

Il a effectué des études de philosophie à Lyon puis à Paris (Paris I, VIII, DEA portant sur l’œuvre du philosophe Gilles Deleuze, intitulé «Fatigue et épuisement, une éthique deleuzienne »). Il est diplômé du département de danse et de théâtre non verbal de l'Académie des Arts de Prague (HAMU). Il est l’auteur de plus d’une dizaine de spectacles réalisés en coopération avec des théâtres de République tchèque et des structures culturelles d'Allemagne, de France et de Hongrie. En tant qu’interprète il a travaillé avec Lizzy LeQuesne (Uk.), avec Karine Ponties (Fr./B.) pour le quatuor Mi Non Sabir, et avec Paco Decina (Fr./It.) pour le sextet Salto nel Vuoto. Il est rédacteur dans différents magasines consacré à la danse et aux arts en République tchèque et donne régulièrement de workshops.

 

 

Presse

 

TANEČNÍ ZÓNA, Prague, été 2005 fields_DANCEZONE1_05.jpg

Champs de mémoire


FR Fields apparaît comme un travail sur les champs : spatiaux, sonores, lumineux, champs de la mémoire. .. Ce spectacle est le résultat d’un travail minutieux, fait de choix artistiques progressifs et nombreux, complexes, pour aller vers la simplicité.
Les choix ne se sont pas bornés, entre autre, à aller vers un essentiel possible de la résonance du son dans l’espace, mais une succession de choix pour chaque qualité employée.
Les choix ne sont pas d’utiliser toutes les résonances du corps dans l’espace, mais de dévoiler ce qui est inscrit dans le corps et l’imaginaire de chaque interprète, de révéler certaines strates de l’espace correspondant à chaque interprète.
Je veux dire par là, que le travail ne consiste pas à explorer une idée, ni à développer un principe, mais d’explorer des circonstances, des adéquations, des existences.

Si à première vue, on pourrait parler de minimalisme, tant le vocabulaire gestuel, musical et les exigences de lumière tente de toucher au plus près un possible, sans verbiage, autant ce serait une erreur de se laisser aller a une simple explication de ce principe, dès lors réductrice. Le minimalisme tente de faire surgir la saveur de chaque petite différence, le travail poursuivi dans Fields tente de faire apparaître des qualités, des résonances, des liens…

La tentation de parler de répétition pourrait exister, de par la fréquente réapparition de mouvements similaires. Mais l’art répétitif plonge le spectateur ou l’auditeur dans le présent en balayant la notion de temps, l’impossibilité de retenir la référence. Le travail ici inclus la mémoire : celle du corps, de l’imaginaire et du mouvement de l’interprète dans l’espace.

Le seul principe à appliquer ici par le spectateur, comme pour la majorité des œuvres contemporaine, est l’implication de sois, sans préjugé, sans attentes, et de se laisser porter par les qualités gestuelles originales, laisser ses propre expériences physiques et autres remonter a la surface consciente, laisser son propre imaginaire prendre le relais,

Lors des premières représentations, Fields n’a pas encore révélé toutes ses saveurs. Pierre Nadaud nous a appris à être patient, et attendre plusieurs reprises avant que son spectacle naisse pleinement. Ne doutons pas qu’une fois encore il y parvienne, et saluons la justesse, l’exigence de ce travail et toutes ces beautés à venir.
Marie Kinsky

 

 

TANEČNÍ ZÓNA, Prague, été 2005 fields_DANCEZONE2_05.jpg

Une fleur stratégiquement placée

 

Seulement en version anglaise pour le moment
 

EN A former philosophy student from France, Pierre Nadaud studied Non-verbal and Comedy Theatre at HAMU and is the founder of the group Mamacallas. Relatively new to dance, his boldly subtle work Fields demonstrated a rare artistic integrity and intelligence that I look forward to seeing developed further.
The work is about what you see – it is about the dance. When entering the space, the setting coherently introduced the aesthetic realm of the work. The lighting designs by Jan Beneš were animated by black stands resembling music stands that were placed around three sides of the performance area with rectangular mirrors attached that reflected the light at strategic angles creating a dimension of delicate shadows, textures and movement in the space. The ambient environment was still and quiet, allowing my senses to open and my interior space to become quiet.
The movements of each solo began with simple shifts of weight that moved into the space organically developing into more and more evolved momentum paths, with the addition of variations of lines, repetitions and dynamic intensity. In Fields the dance was created first – independent of music. Pierre worked with each of the dancers to create movement that developed from their uniqueness – their dynamics, perceptions of gender, the space, and then through repetition and repetition transformed the movement with speed, expansions of the momentum paths and development into space.
There were moments during this work that I felt I could be watching one of the early works of American Modern Dance pioneer Erick Hawkins (1909-1994), who developed a form of dance inspired by Eastern Philosophies that opened the senses to the visceral human and spiritual potential of dance. Moments like these ones evoke some eternal questions: Is the dance enough in and of itself – without the music directing our emotions or a theatrical story line? Could we watch dance and experience the sensations of the movement kinesthetically – the impulse, swing, passion and breath?

Mariko Tanabe
(Danseuse et chorégraphe canado-japonaise)

 

 

 

 
 

taneèní aktuality, archives, Recenze na pøedstavení 3.února 2006

Pohyb po prostoru

 

Seulement en version tchèque pour le moment

 

CZ Pohyb po prostoru. Pocity, které vznikají a mizí za odrazem. Jiná poloha zrcadla vyvolává zmìnu nálady. Ètyøi taneèníci Veronika Šimková, Michaela Komárková, Andrea Miltnerová a Pierre Nadaud jsou interpreti, kteøí se vyznaèují výraznou osobností. Jejich vzájemný vztah není na první pohled jasný a ani nechce být. Postupnì krystalizuje - tancem, který je provázen preparovaným klavírem, flétnou a violoncellem. Hudba napojená na pocit taneèníkù provokuje, ale zároveò vnímá jejich myšlenky.
Pøedstavení Fields , které bylo uvedeno 3. a 4.února 2006 v Univerzálním prostoru NoD Roxy nelze zaøadit do kategorie novinek roku 2006. Pøesto bylo oproti svým minulým reprízám nové. Jeho autor Pierre Nadaud potvrdil svùj cit pro koncepci díla a výbìr svých spolupracovníkù. Nelze nepoznamenat, že tentokrát daleko víc než døív vynikl i jako taneèník. Kromì pùvodních interpretù se v choreografii novì objevila Veronika Šimková, které jevištì „Nodu“ také nebývale vyhovovalo. Zøejmì nejvýraznìjší zmìnu ale doznal hudební doprovod. Živá hudba brnìnského komorního tria Chorovod poskytla choreografii nový náboj, stala se pøirozeným pojítkem ve vzájemné interakci mezi jednotlivými interprety, jejich pohybovým projevem a svìtelným designem. Jan Beneš – McGadie pracoval s nabízeným materiálem velice citlivì, a navíc se zajímavým výsledkem. Použití zrcadel pomohlo nejen zmìnit prostor, jehož energie už byla využita, ale dokázalo vytvoøit pro každé ze ètyø sól prostor nový.
Fields pùsobí jako myšlenka, dojem, vzpomínka. Fields neurèuje a nekonkretizuje. Nechává vlastní prostor.
Zuzana Smugalová

 

 
   

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Mamacallas

modified 09.12.2007

Photo Jan Komárek

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